Jørn, Sydney et l’opéra

opéra sydney

L’opéra de Sydney, imaginé par l’architecte danois Jørn Utzon (1918-2008) avec la collaboration de l’ingénieur anglo-danois Ove Arup (1898-1988), est sans doute l’un des chefs d’œuvre du XXème siècle. La force symbolique des toits en porte-à-faux sur une base en pierre naturelle fait de l’opéra un précurseur de l’architecture postmoderne. Silhouette emblématique trônant dans le port de la métropole australienne, les uns y voient des parties d’une sphère imaginaire, les autres des voiles, des coquillages ou encore une montagne de vagues ou de nuages. 

Si l’opéra est rapidement devenu l’emblème adoré de la ville, sa construction est pour le moins rocambolesque : il dépasse de quinze fois le budget initial et il est achevé huit ans plus tard que prévu. 

En 1957, Utzon gagne le concours international présidé par Eero Saarinen. Celui-ci découvre sa proposition parmi celles déjà rejetées car ne correspondant pas aux règles du concours : il ne s’agit que d’une esquisse grossière. Après deux ans de conception, la construction débute en 1959. Mais les coques courbées posent problème : la géométrie complexe doit être revue à plusieurs reprises. Ce qui est facile à modéliser aujourd’hui avec des moyens numériques modernes est fait à l’époque par des cartes perforées et des ordinateurs qui mettent dix-huit mois pour calculer les courbes et la structure des toits ! 

Le dépassement du coût de construction et diverses divergences mènent en 1965 aux désaccords entre l’architecte et le nouveau gouvernement conservateur de la Nouvelle-Galles du Sud. Celui-ci finit par bloquer les fonds. En février 1966, Utzon, dans l’espoir d’être rappelé aussitôt, quitte son chantier et le pays. Pour ne jamais y remettre les pieds. C’est un groupe de jeunes architectes australiens qui termine l’aménagement intérieur. L’œuvre est inaugurée le 20 octobre 1973 par la reine Elisabeth d’Angleterre. 

Ce n’est que tardivement, en 2003, que Jørn Utzon est enfin récompensé par le prix Pritzker. Quoi qu’il en soit, il lègue une œuvre audacieuse, précurseur de son temps et de ses moyens technologiques. J’ai eu l’occasion d’y suivre un concert, événement dont je garde un excellent souvenir par la splendeur du lieu et la représentation qui s’y tenait. 

Enfin, la représentation de l’opéra en maquette miniature bas de gamme est vraiment déplorable – à mille lieux de l’original !  

Bettina Horsch, visite en novembre 2002

maquette en plastique, 5 x 4 cm

 

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut