Architectures de poche… ou de sac

De Dubaï à Hong Kong ou Singapour, les représentations d’architecture apparaissent dans les «souvenirs d’aéroports», entre autres sous forme de porte-clés. On trouve ainsi un avatar miniaturisé argenté et à strass de la célèbre Burj Khalifa, l’immeuble aux 163 étages et 860 mètres de Dubaï, oeuvre de l’architecte américain partenaire chez SOM, Adrian Smith, livré en 2009. Toujours pour Dubaï, un petit presse-papier en métal doré permet à chacun de poser l’hôtel Burj al-Arab sur son bureau. (architecte l’anglais Tom Wright, livré en 1999). A Singapour, on peut acheter un porte-clés rose métallisé du Marina Bay Sands integrated resort, achevé en 2011 : trois tours (un hôtel de 2560 chambres) surmontées d’une spectaculaire plateforme point-de-vue, et surtout d’un restaurant et d’une piscine à débordement ; son architecte, Moshe Safdie s’était distingué à Montréal pour Habitat’67, à une toute autre échelle.

Pour Hong Kong et surtout l’ile de Victoria, un porte-clés mobile et, disons, hétéroclite, tente un résumé de la production architecturale depuis les années 80. La base de la composition de la « chose » : bâtiments du port et HK Convention & Exhibition Center (fréquemment décrite comme une raie manta échouée sur la rive), équipement projeté par Larry Oltmans, architecte SOM Chicago puis Londres, livré en 1997. Au-dessus, trois tours groupées, de gauche à droite ou  inversement, le porte-clés étant réversible :

HSBC [Hong Kong Shanghai Banking Corporation] – architecte l’anglais Norman Foster, achevé en 1985, siège d’une des grandes banques internationales, icone du High Tech des années 80 ; Two IFC [International Financial Center] – architecte l’américain Cesar Pelli, associé à l’agence chinoise Rocco Design, achevé en 2003, 415 mètres. Des mêmes architectes, le One IFC achevé en 1999 ne montait qu’à 210 mètres, les deux tours présentent la même silhouette ; Bank of China Tower, architecte l’américain I.M. Pei, achevé en 1990 qui monte à 307 mètres et a été livré sous le règne du chiffre 8, chiffre de la chance en Chine.

Mais n’imaginez pas que les positions d’origine soient respectées : il s’agit juste d’accrocher boule et anneau au bâtiment le plus haut, d’où la position centrale du Two IFC. Elément complémentaire, la plaque de la station de métro du quartier Central vient équilibrer l’ensemble.

Un autre édifice dans la catégorie fancy building (qualification wikipedia) a droit à tous les égards : The Peak Tower, construit au sommet du Victoria Peak, accessible par les tramways historiques. Construit par l’architecte anglais Terry Farrell, et livré en 1996, à la veille de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, c’est un vaste centre commercial qui offre une vue spectaculaire sur la ville et l’ensemble de l’ile. L’édifice volontairement visible, voire voyant, est, à vrai dire, un peu effrayant. Mais il a l’honneur de figurer sur l’une des faces du billet de 20 HK$, la représentation de la tour de Pei se trouvant sur l’autre côté.

Porte-clés, presse-papier ou billet de banque :

existe-t-il une commission qui attribue son avatar à un bâtiment ?

MPH, visite de janvier 2019

3 porte-clés en métal, un presse-papier en métal, billet de banque

 

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