宁波Ningbo, ville fondée à la confluence des rivières Yuyao et Yongjiang a été un port majeur dans l’histoire et durant la période coloniale ; aujourd’hui, les touristes, principalement chinois, viennent également pour explorer le musée de la ville, un musée d’histoire conçu par Amateur Architecture studio créé par le couple Wang Shu 王书 et Lu Wenyu 陆文宇, le premier ayant été l’unique Lauréat du Pritzker Prize en 2012, la polémique restée sous-jacente en 1991 au moment de l’attribution du Prix à Robert Venturi a été réactivée. 杭Hangzhou est la ville où différents travaux d’Amateur Architecture ont été réalisés : l’aménagement de Zhongshan lu中山读, le Xiangshan 象山Campus mais c’est le musée construit à 150 kilomètres de là qui devient un édifice manifeste sinon iconique. L’expression ‘New Vernacular’ souvent utilisée pour qualifier ces réalisations, a été attribuée à l’historien et critique Kenneth Frampton.
Le Ningbo Museum, commencé en 2003 et achevé en 2008, est voisin d’un parc dans lequel Amateur Architecture a présidé à la construction, de 2003 à 2006, de cinq pavillons qui apparaissent comme autant d’expérimentations tant des formes que des matériaux. Le musée leurs fait écho, il apparaît comme un ensemble monumental qui articule différents espaces à l’intérieur d’un volume parallélépipédique à l’enveloppe légèrement déformée et percée de petites ouvertures. Ces percements soulignent l’épaisseur des murs de béton renforcée du patchwork des matériaux traditionnels récupérés qui produisent la polychromie et la texture singulière, marque de fabrique d’Amateur Architecture. En contrepoint des parois de verre dépoli viennent apporter de la clarté dans les vastes espaces de circulation.
La politique de gratuité des musées pratiquée en Chine a fait de ce lieu d’histoire un but de visite très apprécié. Les visiteurs se répartissent dans la multiplicité des parcours, le jeu des terrasses, les salles thématiques, la présence de l’eau produisent différentes ambiances, parfois singulières, agréables malgré la chaleur. La visite se termine au Museum Shop où, outre la déclinaison de théières et de marques-page, se trouve le carnet Wang Shu et sa pochette, sobre et de bon goût, l’épinglette, le porte-clés et l’indispensable magnet de réfrigérateur… mais pas la tasse et sa soucoupe dans laquelle le double expresso accompagné d’un subtil ‘sponge cake’ au thé matcha m’avait été servi à l’heure du goûter.
MPH / Visite du 19 août 2017




