On est pas bien, là, hein ?

houdini

Et bien Gérard, si l’on se réfère aux scènes du film les Valseuses dans lequel cette réplique, ou plutôt cette exhortation, revient comme un refrain, ça dépend : avec qui, pourquoi, et surtout, école d’architecture oblige, où.

Cette petite compilation de livres et films en lien avec le sujet qui nous (pré)occupe aujourd’hui est à compléter à volonté. Car on pourrait écrire une encyclopédie des récits de l’enfermement, voulu ou imposé ; films d’horreur, textes philosophiques, littéraires, poèmes, œuvres artistiques…. être soustrait aux autres, ou être confiné dans un lieu trop étroit, c’est un fait, ça inspire. Allez, c’est parti…

On reste chez soi et on bosse en lisant « L’essor multi_situé du travail chez soi : vers de nouveaux enjeux de sociabilité et d’affectivité spatio-temporels ? », étude de 2019 sur le télétravail.

Tout en prenant exemple sur Antoine Piketty et son mémoire : Journal de bord d’une d’une coloc’ à 7 dans 53m², un « récit sans-filtre de vie en haute densité », on construit et trimballe sa petite capsule habitable en compagnie de Fanny Guillaumin et son PFE Fanny in the skai.

Dans l’esprit de la cellule autonome, peut-être trouver des idées dans « The architecture of closed worlds, or, what is the power of shit ? » étude de 37 habitacles autonomes. Les inventeurs, souvent ingénieurs, ont eu pour but de permettre une autonomie maximale des habitants, parfois dans des environnements hostiles ou extrêmes, créant pour se faire des systèmes en circuits fermés permettant de recycler les déchets humains, utilisant les énergies renouvelables, les plantations, à l’aide de dispositifs technologiques de plus en plus sophistiqués et performants : intro ici.

Plus rustiques, les grottes, tentes, abris de fortune, et les usages de leurs habitants sont analysés par des ethnologues, archéologues, juristes, sociologues et économistes dans Habiter le temporaire et Anthropolgie des abris de loisirs.

Prendre exemple sur les esquimaux, la joie et l’intelligence de leur vivre ensemble dans un igloo, révélées pour la première fois en images par Flaherty en 1922 dans Nanouk.

Habiter dans sa tête, c’est toute une histoire, dont voici quelques exemples : les Hikikimori, les adolescents reclus du Japon, ou la fantastique Dame de Saint Lunaire, bâtisseuse compulsive de son antre délirant, et sa comparse d’Outre Atlantique, Sarah Winchester et sa maison labyrinthe pour capturer les esprits qui la hantent.

 

Entre 4 murs, n’avoir d’autres choix que mourir ou mourir encore, comme dans le Puits et le pendule d’Edgar Allan Poe, ici mis en image en 1964 par Alexandre Astruc. Entre 4 murs, en prison, à l’asile, penser à quoi, quand penser à soi est douloureux ? C’est ce que racontent ces documentaires ou Depardon dans San Clemente.

Travailler sous terre, c’est le quotidien oppressant des travailleurs des mines de soufre en Sicile, sublimé dans un poème visuel de Vittorio de Seta, tourné sur les lieux, en 1955.

Sous terre encore mais au service de la science avec le spéléologue français Michel Siffre en 1962, deux mois dans un gouffre sans repère temporel. « hors du temps, c’est le cerveau qui fait le temps ». Et la science au service de la ménagère, dans l’appartement modèle de Madame Valentin, en 1959, comment effacer le sentiment de confinement par la standardisation du logement.

S’enfermer pour rejoindre un mythe universel en vivant 13 jours dans un ours empaillé comme l’artiste Abraham Poincheval Ou penser l’intimité de la maison, de ses armoires, de ses tiroirs, de son grenier, comme un poème cosmique, à l’invitation de Gaston Bachelard et sa Poétique de l’espace.

Retour sur terre, ambiance glauque dans Le bunker de la dernière rafale de Jeunet et Caro, et dans le clip de The Cure en 1985, Close to me.

La nature est-elle confinée aussi ? Et oui, il suffit de lire la thèse Comment aménager les cages de poules pondeuses afin d’enrichir leur comportement. Mais plus surprenant, la nature confine, c’est ce que nous explique, et c’est passionnant, Claire Labrue. Extrait : Contrairement à la clairière traditionnelle générée par les défrichements, la clairière est à présent due aux reboisements qui ferment les paysages. Habiter en milieu sylvestre est immémorial mais le manque d’acculturation à la forêt d’une société devenue urbaine renforce son effet clôturant : la lisière engendre des désagréments paysagers tels que l’obstruction des vues et l’ombre portée des arbres dont l’impact influence le ressenti des habitants. La forêt devient alors enfermante.

Je termine, pour mon plaisir, et j’espère le vôtre, sur la scène claustrophobique des Marx Brothers dans Une nuit à l’opéra, la proximité des corps, leur entremêlement joyeux, a déjà un parfum de nostalgie…..

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