The yes needs…

Pour mémoire une raffarinade formulée à l’occasion d’un autre référendum, il y a déjà quelques années… mais ici il s’agit d’architecture et d’un bâtiment des­siné à la fin du XXe siècle suite à une première étape d’autonomie de l’Écosse qui deviendra peut-être un parlement national dans quelques jours.

1998 Enric Miralles, architecte catalan et sa parte­naire Benedetta Tagliabue, architecte italienne, asso­ciés à l’agence écossaise RMJM sont lauréats du concours organisé par Donald Dewar, homme poli­tique alors Premier Ministre, pour le nouveau parle­ment d’Écosse. L’édifice fait face à Holyroodhouse, la résidence de la Reine à Edinburgh et est dominé par la falaise Salisbury Crags. Miralles raconte à Edin­burgh une histoire qui va séduire le jury, entre pay­sage, humain et mer.a

Un nouveau bâtiment est nécessaire depuis que le statut, autrefois régi par l’Alliance de 1707, a évo­lué. Charles Jencks a publié en 2005 un livret qui résume l’histoire qu’il connaît intimement, il souligne la dimension shakespearienne de cette épopée poli­tique et architecturale. En 2000 alors que le projet a certes dépassé le stade de la réflexion conceptuelle mais n’est pas encore totalement arrêté puisque le chantier a commencé quelques mois auparavant, Enric Miralles meurt d’une tumeur au cerveau en juil­let et le personnage clé de la commande, Donald Dewar déjà évoqué décède également quelques mois plus tard d’une hémorragie cérébrale. Dans les an­nées 90, l’architecte catalan était vu comme un des porte-drapeaux de la nouvelle architecture en Europe et le bâtiment écossais apparaissait comme sa pre­mière réalisation de dimension internationale et à grande échelle.

Charles Jencks est lui convaincu de la future fortune critique du bâtiment. Aujourd’hui les éléments sin­guliers de l’édifice : charpente sculpturale, croix de Saint-André, un vrai collage d’éléments puisés dans un imaginaire fertile sont présents dans de nombreux objets vendus à la boutique, du mug au dé à coudre en passant par la cravate un peu criarde. Une étrange ma­nière de poser la question du testament architectural…

Marie-Paule Halgand

Visite, mars 2015

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