En 52 av. J. -C., Vercingétorix rend les armes devant les troupes de Jules César, à Alésia.
En 1865, Napoléon III, pour asseoir son pouvoir, organise des fouilles, puis commande et installe sur les lieux une statue monumentale du gaulois. Dans un déhanchement coquet, l’air sombre et pensif, le premier héros, malheureux, de l’histoire nationale, va pour un siècle, personnaliser nos fameux ancêtres dans la mémoire collective. On sait depuis que moustaches et cheveux longs n’ont sans doute pas grand’chose de gaulois, et que, de surcroît, le beau visage viril est celui de Napoléon III. Quant au lieu même de la bataille la polémique ne cessera d’enfler entre les partisans d’Alise-Sainte-Reine et ceux d’Alaise dans le Jura.
En 2012, adieu fantasmes, affabulations et controverses régionales. La science – en l’occurrence l’archéologie – a accumulé des données qu’il est temps de montrer au public. Et c’est à Alésia, sur le lieu même de la bataille, qu’un musée va être érigé par l’architecte Bernard Tschumi.
Le musée-centre d’interprétation, renvoie, nous dit Tschumi, aux légions romaines ; par son implantation sur le site, là-même où les armées de César campaient ; par sa forme circulaire, écho des fortifications romaines ; par la peau en bois, matériau utilisé pour les construire. La terrasse permet une vue panoramique du site, elle est couronnée d’une forêt de feuillus, évocation possible de la Gaule chevelue.
Franchie l’entrée, le visiteur est happé par l’ampleur et la luminosité de l’atrium toute hauteur. Deux évènements dans cet atrium : les poteaux inclinés de la structure et la rampe, façon Wright, qui s’enroule autour du vide central et mène aux salles d’exposition à l’étage puis à la terrasse. Et par-dessus tout, la qualité, la délicatesse de traitement du béton : monochrome, d’un blanc teinté légèrement de gris, doux au toucher et à la vue, granuleux pour les poteaux et poli pour le garde-corps de la rampe et des escaliers.
Dans les salles d’exposition qui se déploient en anneau, le paysage est omniprésent ; le visiteur est invité à regarder dans de fausses jumelles le site tel qu’il était au moment du siège de l’oppidum. Au r.-d.-c., dans l’axe de l’entrée, une porte donne accès à l’extérieur : un chemin conduit à la reconstitution des systèmes de défense de César.
En 2017, cette fois sur le site de l’oppidum assiégé, un second musée devrait être inauguré ; il sera revêtu d’une enveloppe en pierre pour, nous dit encore Tschumi, évoquer cette fois les Gaulois et leur Murus Gallicus. Y seront exposés les objets découverts sur les lieux de la bataille. Le projet du MuséoParc d’Alésia sera ainsi achevé.
Et après Alésia ? Et bien….
Nous sommes en 50 av. J. -C., toute la Gaule est occupée…. Toute ?…
Danielle Laouenan, visite 2018
Aimant – souvenir : 6 x 6 cm




