Fermée depuis 2005 pour des raisons de vétusté et de sécurité, la Samaritaine a enfin réouvert ses portes le 23 juin 2021 : 16 ans d’attente, il était temps non ? On peut à nouveau admirer ce superbe édifice, inscrit pour l’essentiel à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, composé de quatre bâtiments restaurés et mis aux normes. 10 ans de retard en raison de multiples polémiques et procédures concernant le nouvel édifice de la rue de Rivoli… En effet, aux bâtiments Art nouveau et Art déco d’origine, a été adjointe une construction de l’agence d’architecture japonaise Sanaa, en charge de la restructuration des magasins 1 et 4. À l’extérieur, quai du Louvre, un parvis piétonnier a été aménagé à la place de l’ancienne sortie du tunnel des Halles.
L’emblématique magasin 2, oeuvre de l’architecte Frantz Jourdain, a retrouvé son aspect de 1932 et son décor coloré Art Nouveau. La lumière était essentielle pour ce bâtiment, inauguré en 1905, puisqu’il n’y avait pas d’électricité : les 270 marches de l’escalier monumental (et oui, quand même !) avec son décor lumineux de 16000 feuilles d’or et de céramiques vous mène au 5e étage, sous la verrière et sa structure Eiffel, destinée à inonder de lumière le bâtiment. Les planchers d’origine, constitués de dalles de verre, permettaient aussi le passage de la lumière jusqu’aux étages inférieurs (incompatibles avec les normes de sécurité actuelles, elles ne sont présentes maintenant qu’au dernier étage). La fresque des paons, attribuée au fils de l’architecte, court sur toute la longueur de la verrière, foisonnant de motifs que l’on retrouve sur les façades du magasin. Cet étage abrite un restaurant réalisé par le cabinet Jean-Michel Wilmotte.
A la polychromie de l’Art Nouveau succèdera la période Art déco de l’édifice quai du Louvre (1928) d’Henri Sauvage, plus sobre. Une partie des décors intérieurs Art Nouveau, ne correspondant plus à l’esthétique du moment, a même été camouflée et remis seulement à jour lors d’une restauration en 1980. Cette extension Art déco, dotée de façades en pierre se terminant en gradins, a été repensée par l’architecte Edouard François pour devenir un hôtel de luxe qui ouvrira en septembre. L’architecture du magasin 3 (Henri Sauvage) est proche de celle de l’extension du magasin 2.
Une passerelle permet de rejoindre le magasin 4, rue de Rivoli, bâtiment reconstruit par Sanaa : patios intérieurs pour ajouter de la clarté, murs bruts, façade en pierre remplacée par une paroi de verre ondulée.
La « Samar », comme l’appellent les Parisiens, est désormais quatre fois plus petite, puisque le magasin côté Seine accueillera le palace et à l’arrière, des bureaux, une crèche et des logements sociaux. On (ne) trouve (donc plus) tout à la Samaritaine : la quincaillerie, la mercerie et l’oisellerie ont disparu au profit de la mode, de la parfumerie, du maquillage et de la joaillerie, le luxe à la mode LVMH.
Laurence Bizien, visite août 2021.
2 briquets, 4 cm




